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Entre arts et sciences, la Diagonale cherche l’équilibre

par | Fév 11, 2016 | Arts&Sciences, Culture et Société | 1 commentaire

L’Université Paris-Saclay est un cluster universitaire regroupant une vingtaine d’établissements d’enseignement et de recherche sur le plateau de Saclay, en région parisienne. Ce mastodonte de la recherche abrite depuis 2013 un projet culturel singulier, né d’une concertation entre acteurs associatifs locaux et chercheurs : la Diagonale Paris-Saclay. Son objectif de départ est de créer un espace de perméabilité entre université et société, autour de trois axes : arts&sciences, médiation, patrimoine. Stéphanie Couvreur, cheffe de projet science-société, nous a donné quelques clés pour comprendre ce projet qui traite de la problématique arts&sciences sous un angle inédit en France.

 

La Diagonale s’est appuyé sur le travail de longue date de Christian Jacquemin au laboratoire LIMSI, mais aussi de Jean-Marc Chomaz, pour développer une méthodologie singulière. Les projets de collaboration arts/sciences s’établissent difficilement sur un équilibre : trop souvent, ils sont soit développés essentiellement par le versant artistique de l’équipe, la partie scientifique étant reléguée à un rôle de conseil technique, soit destinés à valoriser la recherche, plaçant l’équipe artistique dans un rôle qui n’est pas le sien (communication, médiation). La Diagonale pose donc certains critères destinés à assurer une véritable collaboration avec apports mutuels. Le projet doit être initié en binôme, avec, dès la conception, au moins un artiste et un chercheur. Le chercheur doit présenter une lettre de soutien de son directeur de labo, assurant ainsi qu’un peu de temps lui sera dégagé pour mener à bien ce projet (le manque de temps étant une des principales raisons du déficit d’engagement des chercheurs dans les projets arts&sciences). Enfin, le critère qui est sans doute le plus marquant est l’exigence de double signature de l’œuvre, qui est donc considérée comme réalisée autant par le chercheur que par l’artiste. La valorisation du projet, en plus de la diffusion dans les circuits artistiques, se fait également sous une forme scientifique académique, via la co-signature d’un article scientifique ou la participation commune à un congrès, séminaire, etc.

 

Il est vrai que l’aspect de perméabilité science/société est moins à l’œuvre dans le domaine arts&sciences que pour les autres actions de la Diagonale : les expérimentations artistiques et scientifiques poussées peuvent parfois laisser le public en chemin, surtout lorsque la démarche importe davantage que le résultat. Face à cette problématique, la Diagonale trouve légitime d’offrir ce terrain d’expérimentation loin des contraintes spécifiques aux actions grand public, pour que puissent s’élaborer des projets de recherche innovants en arts et en sciences, attitude assez rare dans le paysage des musées et institutions scientifiques français(e)s pour être saluée ! Elle offre néanmoins une vitrine grand public annuelle sous la forme du festival Curiositas, où sont présentés les projets soutenus par la Diagonale. Le fonctionnement par appel à projets permet de brasser régulièrement de nouveaux acteurs. La Diagonale ne revendique pas de compétences de commissariat, et a mis en place une méthodologie de sélection via un large comité d’évaluation en ligne suivi par un jury d’experts qui se réunit physiquement. Pour ce festival arts&sciences, qui présente également de nombreux projets étudiants, une attention particulière est portée à la médiation, et les œuvres font souvent l’objet d’échanges très riches avec le public.

 

Si l’on interroge Stéphanie Couvreur sur l’enjeu majeur de la Diagonale pour les cinq prochaines années, elle répond sans hésiter : « Amener davantage le public au cœur des projets, pour enrichir le lien entre recherche et société, et mettre l’accent sur la diffusion des projets ». Elle rêve aujourd’hui de partenariats solides avec de grandes institutions artistiques comme le Palais de Tokyo… ou d’ouvrir un tiers-lieu sur le plateau de Saclay : « un lieu ouvert, où les porteurs de projets pourraient se croiser ». L’ouverture prochaine d’un learning center pourrait combler ce besoin, et contribuer à faire de la Diagonale une plateforme où inventer de nouvelles modalités de collaborations.

Photo : © Scenocosme – Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt

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